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vendredi 9 décembre 2011


Journal Ouest-France du vendredi 9 décembre 2011
Edition : Vire Falaise - Rubriques : Condé-sur-Noireau

Honeywell « Il n'y a pas de sincérité chez les dirigeants »

Anne-Michèle Boulier, CFE-CGC
« Cette réunion fut pleine de vide. Les dirigeants d'Honeywell, il nous ont donné des engagements très théoriques, sans échéancier. Ils vont réfléchir à la possibilité de transférer une des productions du groupe à Condé. Ils veulent voir avec leurs sous-traitants la possibilité d'implanter une activité à Condé. Enfin, ils vont songer à la réindustrialisation. Ce que l'on refuse depuis le début. Tout cela était très vague. Je suis très circonspecte. Il n'y a rien de nouveau, rien de concret. »

Olivier Gaugain, Force ouvrière
« Il n'y a aucune sincérité dans les propos des dirigeants. La direction continue à nous reprocher d'avoir un outil de production ancien, alors que c'est eux qui ont fait les erreurs de stratégie. C'est incroyable. Honeywell n'est pas du tout dans l'optique de maintenir une activité à Condé. La direction est tournée vers la réindustrialisation. Maintenant, on va durcir le mouvement pour être un vrai contre-pouvoir. »

Pascal Allizard, maire et vice-président du conseil général
« La réunion a été décevante. La seule chose positive a été de rencontrer Richard Graber, vice-président du groupe chargé de l'Europe, l'Afrique et du Moyen-Orient. Nous avons pu lui faire passer des messages. Leurs propositions sont trop vagues. On n'a pas avancé.
Le préfet est maintenant chargé de donner une suite pour que la direction précise les choses. J'ai évoqué nos solutions.
Un groupe canadien va se rapprocher d'Honeywell. Il propose qu'Honeywell produise à Condé un système de freinage complet pour poids lourds. Pour exploiter le reste du site, nous sommes en contact avec un fabricant de maison basse consommation. »

Laurent Beauvais, président de la région Basse-Normandie
« Je suis déçu du cynisme d'Honeywell, mais je ne suis pas surpris. Le ministre Eric Besson n'est resté que trente minutes, se contentant de dire que l'Etat ne pouvait rien faire. Cette rencontre nous a permis de mettre des visages sur les décideurs, qui sont restés campés sur leurs positions. Honeywell continue dans sa logique et veut quitter Condé en 2013. Ça sera à nous les élus, de trouver des solutions. Il faudra que la loi soit appliquée avec sévérité pour la réindustrialisation et le reclassement des salariés. La messe est dite depuis longtemps. Je suis inquiet quant aux conséquences économiques et sociales. »
Jean-Yves Cousin, député-maire de Vire
« C'est une grande insatisfaction et un sentiment de mécontentement. J'avais sollicité le ministre pour organiser cette réunion. Nous avons pu avoir face à nous enfin des vrais interlocuteurs. Eric Besson s'est engagé au nom du gouvernement à maintenir l'emploi à Condé. »

Direction d'Honeywell
« Honeywell s'est engagé à mettre en oeuvre un robuste projet de réindustrialisation dans le cadre de la procédure d'information-consultation engagée avec les instances représentatives du personnel. En étroite collaboration avec le maire et l'ensemble des élus locaux, notre engagement comprend une démarche d'identification des opportunités de réindustrialisation, tant auprès des sous-traitants qu'auprès de toutes les divisions du groupe, et avec tout investisseur intéressé par un projet de développement industriel. L'entreprise a déjà identifié des ressources en interne et en externe pour mener à bien ces initiatives. Honeywell est prêt à formaliser ces engagements dans le cadre d'une convention avec l'Etat et souhaite travailler en étroite concertation avec les pouvoirs publics. »

Honeywell prend des engagements très clairs lors d’une table-ronde organisée par Eric BESSON

ERIC BESSON
MINISTRE CHARGÉ DE L’INDUSTRIE, DE L’ENERGIE ET DE L’ECONOMIE NUMÉRIQUE
AUPRES DU MINISTRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE L’INDUSTRIE
Communiqué de presse

Paris, le jeudi 8 décembre 2011
N° 327
Honeywell prend des engagements très clairs lors d’une table-ronde
organisée par Eric BESSON
Eric BESSON, Ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, a organisé jeudi 8 décembre une table-ronde sur la situation et les perspectives du site industriel Honeywell de Condé-sur-Noireau (Calvados).

Cette table-ronde a réuni les élus et parlementaires du Calvados mobilisés sur ce dossier, les représentants syndicaux et du personnel, ainsi que les dirigeants européens du groupe Honeywell.
Le Ministre a rappelé qu’il regrettait l’annonce faite par le groupe Honeywell, sans concertation préalable, de ne pas poursuivre au-delà de juin 2013 l’activité de production de plaquettes de frein sur son site de Condé-sur-Noireau. Il a rappelé que l’Etat s’était mobilisé dès le début sur ce dossier, et que plusieurs réunions d’échange ont été organisées par le Préfet du Calvados entre les syndicats et les dirigeants.
Lors de cette table-ronde, le Ministre chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique a demandé à Richard GRABER, Vice-Président Europe d’Honeywell, de prendre des engagements très clairs sur le maintien d’une activité industrielle sur le site de Condé-sur-Noireau.
En réponse à la demande du Ministre, Honeywell a pris de nouveaux engagements vis-à-vis du site et de ses salariés :
› Honeywell recherchera activement, à l’intérieur du groupe et de ses différents métiers, les activités qui pourraient être redéployées sur le site de Condé-sur-Noireau ;
› Honeywell engagera des démarches auprès de ses sous-traitants pour les inciter à s’implanter à Condé-sur-Noireau et aidera les PME déjà présentes dans le bassin d’emploi à développer leur présence industrielle ;
› Honeywell bâtira avec les pouvoirs publics et les collectivités locales un plan robuste de réindustrialisation à Condé-sur-Noireau. Dans ce cadre, le groupe recherchera auprès de ses partenaires internationaux de possibles projets industriels susceptibles d’être développés sur le site.

Pour l’ensemble de ces trois engagements, Honeywell désignera en son sein un responsable au plus haut niveau chargé, en lien avec un cabinet expert en réimplantation d’activités industrielles, de la mise en oeuvre opérationnelle.
Eric BESSON sera particulièrement attentif à la déclinaison pratique des engagements pris, et a demandé au Préfet du Calvados de le tenir régulièrement informé des discussions qui auront lieu au niveau local.
Le Ministre a également annoncé que l’Agence Française pour les Investissements Internationaux sera chargée d’accompagner Honeywell et l’ensemble des parties prenantes dans la recherche de solutions de diversification pour le site.
« Honeywell a pris aujourd’hui des engagements très clairs concernant le maintien d’une activité sur le site, en lien avec l’ensemble des parties concernées. L’Etat sera vigilant au respect des engagements et à leur bonne mise en oeuvre. » a déclaré Eric BESSON.

jeudi 8 décembre 2011

Table ronde

Beaucoup de "beau monde", protocole et politiquement correct de rigueur, des engagements "forts" pris par Honeywell qui ne sont ni chiffrés ni cadencés. Des politiques extrêmement mécontents, cependant venant avec la main tendue et qui n envisagent pas de solution pour condé sans Honeywell. Pas de date pour une prochaine rencontre...

samedi 3 décembre 2011

Les salariés ont débrayé, hier, sur le site d'Honeywell

http://www.ouest-france.f
Journal Ouest-France du vendredi 2 décembre 2011   

Les salariés ont débrayé, hier, sur le site d'Honeywell
Le site de Condé-sur-Noireau emploie 323 personnes.


Une partie des salariés de l'entreprise Honeywell a débrayé, hier matin, à 10 h. Le mouvement est intervenu alors que la direction refusait de mettre à disposition des syndicats une salle pour qu'ils accueillent un expert-comptable du groupe Syndex.
Alors que le site doit fermer en juin 2013, « il venait, avec l'avocate du comité d'entreprise, nous informer sur les manières de manoeuvrer, au niveau juridique, explique Olivier Gaugain, de FO. Il est évident qu'on a besoin de travailler avec eux. Sur ce coup, pour la direction, c'est limite du niveau de maternelle. »
Après « qu'une grosse moitié des salariés » ait cessé le travail durant 45 minutes, la direction a fini par accepter de prêter un local et l'activité de l'usine a pu reprendre normalement en fin de matinée.

 Honeywell: élus et syndicats préparent la table ronde
Les élus du Bocage et des représentants des organisations syndicales d'Honewell sesont retrouvés, hier matin, à Condé-sur-Noireau. Ils ont préparé la table ronde du 8 décembre à Paris, avec la direction d'Honeywell et les services du ministère de l'Industrie. Cette rencontre a permis « d'étudier tous les projets qui pourraient être mis en place à Condé, selon Alain Tourret, vice-président du conseil régional. On a également abordé les obligations d'Honeywell sur le site, notament en terme de réindustrialisation. » L'occasion aussi de partager quelques détails sur « un projet intéressant concernant Condé pour la fin 2012. Il s'agit de la construction d'éléments de freins pour poids lourds. Mais on ne peut pas en dire plus pour l'instant. Le projet s'arrêtera-t-il à Condé, en France ou en Europe ? On ne sait pas. »

deux contacts pour la réindustrialisation du site

Honeywell : deux contacts pour la réindustrialisation du site - Condé-sur-Noireau

mercredi 30 novembre 2011
Pascal Allizard pendant la grande manifestation pour soutenir les Honeywell, le 19 novembre.

Après le conseil communautaire jeudi soir, Pascal Allizard a longuement évoqué le dossier Honeywell avec notamment ses conséquences sur les projets de l'intercom. Pour rappel, le fabricant de plaquettes de freins américain souhaite fermer l'usine condéenne en juin 2013. 323 personnes sont menacées de perdre leur emploi.
Réindustrialisation du site
Pascal Allizard entend réindustrialiser le site, « par Honeywell ou par d'autres entreprises. C'est une priorité ». Honeywell devra dépenser environ 80 millions d'euros pour la réindustrialisation (obligation légale).
« J'ai deux contacts : un groupe qui s'intéresse au savoir-faire et qui pourrait employer 50 à 80 personnes et un autre qui s'intéresse aux locaux et qui pourrait à terme employer plus de 300 personnes. On se met tous au travail dès maintenant. »
Une réunion le 8 décembre
Revenant d'une réunion préparatoire au ministère de l'Industrie, il a fait part aux membres de Condé intercom de l'état du dossier, « avec des dirigeants qui nient tout. Ils n'ont qu'une mission : fermer ! »
Les tentatives de contacts avec les dirigeants mondiaux sont restées vaines. « J'ai toutefois eu les coordonnées d'un vice-président d'Honeywell en Europe. Il doit me rappeler cette semaine. Une table ronde nationale aura lieu le 8 décembre à 16 h à Paris mais qui sera là ? Si c'est la direction locale, ça ne servira à rien. »
Les syndicats, eux, attendent toujours des nouvelles de la direction locale, à la suite de la suspension du comité d'entreprise le 23 novembre (lire Ouest-France du jeudi 24). « On ne sait toujours pas quand une réunion se tiendra pour poursuivre la discussion sur le Plan de sauvegarde pour l'emploi », souligne Olivier Gaugain.
Dépollution
Le coût de destruction et de dépollution du site est évalué à 20 millions d'euros. « Les coûts sont colossaux, souligne Pascal Allizard. Ma logique n'est ni d'être belliqueux ni dans une logique de vengeance. Ils créent un préjudice colossal. Il faut qu'ils acceptent de négocier sinon, ça finira chez le juge. »

résister et progresser

nouvel article sur mon blog: Honeywell: résister et progresser.
http://pascalallizard.unblog.fr/
parce que la résistance continue.

vendredi 2 décembre 2011

La désindustrialisation

L’usine Honeywell implantée en Normandie est menacée de délocalisation

La désindustrialisation sera l’un des grands thèmes de la campagne de 2012. Un site et des emplois sont menacés en Normandie chez le spécialiste des systèmes de freins, l’américain Honeywell.

Reportage à Condet-sur-Noireau de Jean-Baptiste Daoulas


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Le vent tourne … et les girouettes aussi !!!



Quand le Comité de Direction ( CODIR ) se positionne !!!

         La situation évolue, après une période de flou artistique, désormais le comité de direction se positionne en facilitant le bon déroulement de la fermeture de notre usine.


Bravo aux responsables de production et logistique qui mettent la pression sur les différentes zones de production pour que tous les jours les plaquettes sortent un peu plus nombreuses des lignes. Qu’en penser, quand on sait qu’aujourd’hui le taux de service client est proche de 100%.
Chercheraient-ils à faire du stock chez nos clients dans la crainte d’un futur conflit ?
La CGT condamne ces comportements.

Pour la CGT il est primordial de ne pas dépasser les objectifs de production en phase avec la demande client.  Nous les connaissons tous !!!


Bravo à PSA, inquiet de notre situation, parce qu’ils n’ont pas pour le moment, de sortie de secours sur les produits AF. PSA ne cherche pas à nous aider mais cherche à trouver au plus vite des produits de remplacement à ceux que nous produisons aujourd’hui. C’est dans ce cadre que PSA sollicite et met la pression sur le service étude. 

Les produits AF sont notre seul moyen de pression pour tenter de faire basculer notre triste situation. Quand PSA aura trouvé une roue de secours, il sera trop tard pour nous réveiller. PSA se moquera bien de la situation précaire des 323 salariés.


Bravo au service étude qui n’a jamais été autant en ébullition pour développer des nouveaux produits de remplacement.


            Bravo à la responsable du service méthodes : nous vous informions il y a quelques temps que nos « collègues allemands » nous réclamaient les différents plans des plaquettes produites sur Condé. Et bien aujourd’hui la situation a évolué : elle effectue sans scrupule le transfert des plans de nos produits petit à petit sans que cela ne fasse trop de bruit. Bien sûr on entend déjà que sa fonction au sein du CODIR ne lui permet pas d’avoir le choix … chacun en pense ce qu’il en veut !!! La CGT condamne ce comportement.





Bravo au patron d’Honeywell qui a dit qu’il serait prêt, si besoin est, à perdre des parts de marché PSA pour mener à bien la fermeture de notre usine, selon les dires de nos hauts politiques. La CGT condamne ces déclarations.

Bravo au Responsable Maintenance qui cherche à dédouaner la direction face à la problématique amiante présente dans nos murs. Il pratique la rétention d’information en camouflant les résultats des prélèvements effectués sur les différents chantiers tels que l’agitateur de caoutchouc liquide, les test lingettes sur le sol etc … Il pratique la mise sous pression de ses superviseurs à qui on veut faire endosser des responsabilités juridiquement condamnables.
Le CGT condamne et condamnera  fortement en temps voulu ces comportements.

Mille fois bravo au trio de la Direction pour son aptitude à ne pas répondre aux questions posées dans toutes les instances mais également pour son aptitude à manipuler son comité pour mener à bien son projet de fermeture … des promesses de reclassement ou financières auraient-elles été faites voire acceptées !!!!  L’avenir finira bien par nous le dire.
La CGT condamne ces comportements

Bravo à Pascal Allizard superman de la défense d’Honeywell qui ne parle plus de sauvegarder notre site mais informe les médias d’être en contact avec 2 sociétés pour une éventuelle réindustrialisation !!! Parlons-en de la réindustrialisation :

Conserverons-nous les 323 emplois … non
Conservons-nous tous les mêmes acquis sociaux … non
Conserverons-nous nos salaires ( primes, 13ème mois etc …) …non
Conserverons-nous nos emplois à long terme … non
Etc ….

Si quelqu’un est capable de nous trouver des exemples qui prouvent le contraire, faites le nous savoir, on est preneur !!!
Nos chers politiques veulent-ils sortir la tête haute de ce merdier dans lequel ils se sont fourrés. Ils sont à priori déjà en train d’y travailler.

La CGT n’est déjà plus sur le même combat que nos politiques, qui parlaient de Résistance, informant qu’ils mettraient en place la loi des emmerdements maximum face à Honeywell. On peut observer que l’humeur de nos politiques est plutôt aujourd’hui au fatalisme.

 Le CODIR nous dit régulièrement qu’il ne faut pas créer de tensions entres nous … qu’on est tous dans le même bateau … mais rappelez-vous quels étaient les membres du CODIR à venir se battre et se montrer à nos côtés pour défendre nos emplois Samedi 19 Novembre !!!
Comme l’a dit François Morel dernièrement «  apparemment nous ne vivons pas sur la même planète »
           
Soyons tous vigilants la famille des charognards a l’air de s’agrandir * !!!
·        Définition Wikipédia : Un charognard est un animal qui se nourrit de charogne, c’est-à-dire d’animaux morts sans qu'ils les aient tués eux-mêmes (… chacun les reconnaitra)

           La CGT le 30/11/2011

Ça Vous Regarde : le débat : Chômage : le gouvernement a-t-il tout tenté ?

Honeywell à 24 min.Vous devez installer Flash pour voir ce contenu.

jeudi 1 décembre 2011

Débrayage, ce jeudi matin, à l’usine Honeywell de Condé-sur-Noireau

Ouest-France / Basse-Normandie / Flers / Condé-sur-Noireau / A la une de Condé-sur-Noireau

jeudi 01 décembre 2011
 
« Plus de la moitié des salariés » du site Honeywell de Condé-sur-Noireau, selon Olivier Gaugain, de FO, a débrayé, ce jeudi, peu après 10 h. Le mouvement est intervenu suite au refus, par la direction, d’accorder un local aux organisations syndicales pour accueillir un expert-comptable du groupe Syndex. Il venait à l’usine pour les informer notamment des « manœuvres juridiques » possibles après l’annonce de la fermeture du site, qui emploie 323 personnes, en juin 2013.
Après environ 45 minutes de débrayage, une salle a été mise à disposition par la direction et le travail a repris normalement.
Plus d’informations dans l’édition Ouest-France Vire-Falaise du vendredi 2 décembre.

La 2e blague de la journée...

La direction refuse de donner une salle au cabinet d'expert !!!
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire... tout le personnel se sentant concerné par notre fermeture (soit presque tout le monde, a l’exception des petits canards de la direction) se retrouve devant l'usine !!

une des blagues du jour...!

mercredi 30 novembre 2011

il y a concerné... et concerné...

http://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/ACTUALITE/Economie/24-Heures/A-Secan-Honeywell-etes-vous-concernes-par-le-plan-de-suppression-de-site-qui-vient-de-frapper-Conde-sur-Noireau-dans-le-Calvados


A Secan-Honeywell, êtes-vous concernés par le plan de suppression de site qui vient de frapper Condé-sur-Noireau dans le Calvados ?

29/11/2011 05:18


« Pas du tout. A Vendôme, nous sommes dans un autre secteur d'activités, société de maintenance aéronautique spécialisée dans la réparation d'échangeur thermique. En fait, tout ce qui a trait au chaud et au froid dans un avion », précisait hier Frédéric Fontaine, responsable du site implanté boulevard de l'Industrie qui emploie actuellement 47 salariés. Secan-Honeywell organise d'ailleurs ce samedi matin 3 décembre une « porte ouverte » à l'intention de ses employés et de leurs familles proches. A Condé, dans le Calvados, c'est la fermeture pure et simple de l'usine de plaquettes de freins pour juin 2013 qui a été annoncée par l'équipementier américain avec, à la clef, la disparition de 323 emplois.

Reçu ce jour, suite au courrier adressé à David M. Cote, Président du groupe Honeywell, la réponse peu satisfaisante d’Adriano Palma

http://pascalallizard.unblog.fr/2011/11/30/honeywell-a-suivre/

Réunion le 08/12/2011

Bonjour Mr G.
Je prends connaissance de votre couriel. je m'empresse de vous apporter la réponse: 
- le lieu: a Bercy ( au 139 rue de Bercy)
- les participants: les représentants du personnel, les élus ( Région, maire et moi même) et Direction d'Honeywell (j'ai demandé samedi au collaborateur du ministre d'intervenir au plus haut niveau chez Honeywell) cela a été fait.
à votre disposition
Amicalement
JYC

honeywell-ni-vengeance-ni-belliqueux-mais-justice-et-reparation

http://pascalallizard.unblog.fr/2011/11/30/honeywell-ni-vengeance-ni-belliqueux-mais-justice-et-reparation/

mardi 29 novembre 2011

Management à la Boury et à la Serisay

*Management à la Boury et à la Serisay *

Depuis la semaine dernière, la direction convoque plusieurs opérateurs pour
les recadrer suite à une baisse d’activité après l’annonce du projet de
fermeture du site .Effectivement, la direction reproche au personnel
d’avoir diminué la production ce qui parait normal vu le contexte.

Lors des entretiens Mr Laberthe et Mr Sioc’Han De Kersabiec ont répété à
plusieurs reprises que la production était revenue à la normale depuis le
17 novembre mais qu’ils avaient pris le temps pour recadrer les personnes
sur des faits antérieurs.

Le délégué FO présent pendant ses entretiens a demandé à Mr Laberthe s’il
n’avait pas ralenti dans son travail ,celui-ci a répondu clairement que
lui-même avait diminué sa production à l’annonce du projet de fermeture
comme l’ensemble du personnel .Par contre celui-ci n’a eu aucun recadrage
de la direction, ce qui nous amène à penser que celle-ci ne recadre que le
personnel de la base et que les responsables sont libres de faire ce qu’ils
veulent.* Encore une fois de plus, la direction nous prouve qu’elle fait de
la discrimination entre les salariés.*

FO demande à toutes personnes convoquées par la direction de se faire
accompagner par un délégué syndical car il est certain que la direction va
chercher à virer des salariés par tous les moyens possibles !!!!!

Pour FO, il est clair que la direction cherche à sanctionner les opérateurs
de la base pour les inciter à partir dans un conflit.

*FO tient à avertir la direction que le personnel ne se laissera pas
manipuler !!!!!! Et le jour où il y aura un conflit, ce sera le personnel
qui l’aura choisi !!!!!!!!!*

                             *Fait à  Conde le 29 novembre 2011 *

                                         *Les élus FO *

Condé-sur-Noireau, ville licencié

www.liberation.fr

Reportage La fermeture d’Honeywell, premier employeur de la commune, menace des centaines d’employés.
Envoyé spécial à Condé-sur-Noireau (Calvados) Pierre-Henri ALLAIN



Le spectre du chômage s’est abattu le 19 octobre sur Condé-sur-Noireau. Le puissant groupe américain Honeywell a brutalement annoncé ce jour-là la fermeture de son usine de plaquettes de frein d’ici à juin 2013. Un séisme pour cette petite ville du Calvados qui risque de perdre son premier employeur : les 323 salariés du site sont menacés de licenciement. Le même jour, la firme annonçait la création d’une nouvelle usine en Roumanie pour fabriquer les mêmes plaquettes de freins…



Délocalisation ? Pas le moins du monde, assure l’équipêmentier automobile, qui dément tout lien entre les deux annonces. Salariés et élus locaux, qui dénoncent «le cynisme» du groupee l’entreprise, ne sont pas de cet avis. Certes, l’inquiétude planait depuis plusieurs années sur le site de Condé. Mais elle a fait place au sentiment de révolte face à un groupe qui n’a, selon les syndicats, jamais réfléchi à une alternative. «Ils ont participé à une table ronde avec les pouvoirs publics et les représentants des collectivités qui ont fait plusieurs propositions, rappelle Thierry Hebert, délégué Force ouvrière. Mais c’était juste pour faire joli. Depuis le début, ils n’ont envisagé aucune autre solution que la fermeture.»



Pérennité. Pour se justifier, la firme avance des pertes cumulées estimées à 15 millions d’euros sur cinq ans. Elle pointe également la vétusté des bâtiments et des processus de fabrication obsolètes qui ne permettent plus de répondre à la demande des clients - faute notamment de nouvelles presses à chaud. «On réclame ces presses depuis trois ans , s’insurge Thierry Hebert, et on nous a répondu qu’il nous faudrait d’abord trouver les marchés correspondants. C’est le monde à l’envers ! Comme si on allait trouver des clients près à attendre qu’on installe ensuite ces nouvelles technologies !»



Absence d’investissements, volonté de «noircir» l’état financier de l’entreprise… pour les délégués du personnel, Honeywell n’a jamais misé sur la pérennité du site. «Il y a environ trois ans, alors que la direction se plaignait de la trop grande capacité des bâtiments, les collectivités ont proposé de financer des aménagements pour en louer une partie, raconte le délégué FO. Honeywell n’a jamais donné suite. On peut aussi s’interroger sur la responsabilité de PSA, notre principal client, avec lequel on a des contrats d’exclusivité pour certains véhicules. On vient ainsi de perdre, comme par hasard, un marché sur la 207 construite au Brésil. Nous sommes aussi des victimes collatérales de la crise automobile, avec une pression constante des constructeurs sur les prix de nos produits.»



Colère. Malgré la mobilisation de toute la région, qui a fait de la sous-traitance automobile sa spécialité et en a payé le prix en raison des dégâts sanitaires provoqués par l’amiante (entrant dans la composition de certaines pièces), la volonté d’Honeywell semble inflexible. Et les élus eux-mêmes ont le sentiment de s’être fait rouler dans la farine. «Depuis le départ, nous sommes face à un groupe insincère,a déclaré le député-maire (UMP) de Vire, Jean-Yves Cousin à Ouest-France. Les dirigeants ont organisé le transfert de technologies. Le terrain à Ploesti, à 60 km de Bucarest, est retenu depuis février 2010. Vingt mois avant l’annonce de la fermeture.»



Le 19 novembre, près de 3 000 personnes, dont une centaine d’élus locaux, ont défilé dans les rues de Condé-sur-Noireau pour crier leur colère. «C’est une décision construite et préparée, insiste Pascal Allizard, le maire (UMP) de cette commune de 5 500 habitants. Les deux dirigeants nommés il y a quelques semaines par Honeywell sont des mercenaires payés pour fermer le site. Quand on leur parle d’autre chose, ils n’ont pas d’autre réponse.» La vallée de la Vere, rebaptisée «vallée de la mort» pour son amiante mortifère, pourrait ainsi dire adieu à l’un de ses fleurons industriels qui a compté jusqu’à plus d’un millier d’employés. Pour l’heure, les syndicats espèrent une intervention des ministères du Travail et de l’Industrie. De son côté, François Serizay, tout récent directeur des relations sociales du site, assure qu’Honeywell mettra tout son poids dans les futures opérations de réindustrialisation du site.

table ronde avec le Ministre

Bonjour
J'ai eu le Conseiller du Ministre au téléphone, la table ronde avec le Ministre devrait avoir lieu le 8 décembre après midi ( 16h)
Amitiés à tous
Jean Yves Cousin

Question avec demande de réponse écrite posée par Estelle Grelier, euro-députée PS au parlement européen.

lundi 28 novembre 2011

FO Metaux-> PSA


Ils attendent la mort annoncée de leur usine

lundi 28 novembre 2011

À Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, 323 emplois sont menacés. La direction de l'équipementier automobile américain Honeywell a annoncé son intention de fermer cette usine en juin 2013. Éric et Cristina Chemin, parents de quatre enfants, travaillent tous les deux chez Honeywell. Les sentiments oscillent entre colère et angoisse.

Des cercueils et des croix jonchent symboliquement le sol, juste en face de la façade blanche de l'usine Honeywell de Condé-sur-Noireau, petite ville du Calvados. Des noms et des dates y sont inscrits. « Ici repose peut-être le sort de 323 salariés », peut-on lire.« On a pris une belle claque », lance Éric Chemin, agent de maintenance depuis 1992. Sa femme Cristina, petite blonde plutôt coquette, travaille dans l'entreprise en tant qu'agent de fabrication. La production de plaquettes de freins de l'équipementier automobile américain cessera le 30 juin 2013. Le site n'est plus rentable, selon les dirigeants.
L'annonce est tombée fin octobre. Parmi les 323 « Honeywell », 26 couples. « Chacun fait le minimum dans l'atelier, note Cristina. Il y a quelque chose de cassé et la tension monte. Comment peut-on continuer à travailler comme ça jusqu'en 2013 ? » Pas simple de mettre du coeur à l'ouvrage dans ces conditions.
À l'usine,Éric est tombé amoureux de Christina en 1996. « On s'est mariés en 1998. » Ils ont quatre enfants, âgés de 3 à 14 ans. L'avenir s'est assombri subitement pour cette famille de Saint-Denis-de-Méré. « On se réveille avec ça en tête, souffle Cristina. On pense à l'avenir de nos enfants. »
Le groupe Honeywell (ex-Valéo) a repris l'usine en 1999. La nouvelle de la fermeture a été vécue comme un coup de semonce dans cette commune de 5 800 habitants, située à la lisière du département de l'Orne. « Quand j'ai commencé, on était 1 400, se souvient l'agent de maintenance. Et puis il y a eu des licenciements. Honeywell n'a pas investi. »
Difficile néanmoins de tout quitter. La famille a construit sa vie dans ce hameau, les enfants y ont leurs copains. « Notre maison n'est pas finie de payer, poursuit Cristina, toute jeune quadragénaire. On est trois ou quatre dans le quartier à travailler à l'usine. Les maisons ne vaudront plus rien si tout le monde vend. »
Les Chemin savent qu'ils ne retrouveront pas les mêmes salaires ailleurs. Avec les primes de nuit, les ouvriers touchent environ 2 000 € par mois. « Cette usine, c'est une partie de notre vie. On s'est fait des amis, on a eu nos enfants. Quand on était plus nombreux, il y avait une super ambiance dans les ateliers. »
Double peine dans la vallée
La colère gronde dans ces familles exposées à une double peine. Ce coin du Bocage normand est surnommé la Vallée de la mort en raison des problèmes d'amiante. Durant des années, les ouvriers ont été exposés aux poussières nocives dans ces ateliers, anciennement Ferrodo, puis Valéo. Charpente, isolation, sol, le bâtiment est truffé de cette fibre néfaste. Le début des années 2000 a été marqué par de retentissants procès. Des femmes de salariés ont même été empoisonnées pour avoir lavé les bleus de leurs maris.
« Réindustrialiser le site ? interroge Eric Chemin. Mais quel patron prendra le risque d'embaucher autant de gens qui pourraient tomber malades ? » Il a passé un scanner des poumons. « Ils m'ont trouvé des traces, ils disent que c'est la cigarette. »
« On est solidaires, déclare Cristina. Ça va être un manque à gagner énorme pour les commerçants et la sous-traitance. » Les élus locaux ont proposé des alternatives à la direction, mais les discussions ont achoppé. Son mari ne se fait guère d'illusions. « On va continuer à se battre, mais c'est un dialogue de sourds. On ne pèse rien face à cet ogre. »
Le bras de fer avec le géant américain se poursuit à Paris, dans les ministères. À 42 ans, Éric estime qu'il aura un peu plus de chance que certains de ses collègues avec son diplôme de maintenance. « Le repas de Noël va sans doute être bizarre cette année », avance-t-il. Le moral tient bon malgré tout, le couple s'amuse parfois de la situation. Leur patron ? « Un liquidateur à la Léon ! » (Allusion au film de Besson.)
Honeywell emploie 3 600 salariés en France et 120 000 dans le monde. « Ils engrangent des bénéfices et préfèrent faire du profit ailleurs ! » Dernièrement, 2 700 personnes ont manifesté pour exprimer leur sentiment d'injustice. Proches, commerçants, enseignants, élus, sous-traitants, tous étaient dans la rue, unis.
Un territoire est plongé dans la tourmente. Depuis 1927, l'usine fait partie intégrante de l'histoire de cette ville à l'architecture un peu austère, datant de la Reconstruction. « Ça fait du bien de voir qu'on est soutenus, affirme Cristina. On a vu les plans de la nouvelle usine en Roumanie, c'est gigantesque. »
Honeywell bâtit en effet un site à 60 km de Bucarest. « Vous verrez qu'ils nous proposeront des postes là-bas ! Ils chassent les subventions, enrage Éric Chemin. Ça fait des années qu'ils ont décidé de fermer Condé. Alors, perdu pour perdu, nous durcirons le ton et il va falloir qu'ils payent ! »
Cyril CALMETS.Photo : Philippe CHEREL.

la lutte contre le temps des salariés d'honeywell

 20mn.fr le 28/11/2011 à 03h27

 industrie L'annonce d'un plan social a été retardée in extremis

Le « jeu du chat et de la souris » a commencé à Honeywell. Depuis le 19 octobre, cette usine de plaquettes de frein, qui emploie 323 salariés à Condé-sur-Noireau (Calvados), est sous la menace d'un plan social. La fermeture du site est programmée au 30 juin 2013.
Une usine en RoumanieSoutenus par toute la ville, les employés de l'usine sont déjà organisés pour lutter. A chaque petite victoire, ils veulent garder espoir. Exemple aujourd'hui : c'est ce lundi que la direction d'Honeywell devait officiellement refuser les trois plans de sauvegarde du site proposés le mois dernier par la mairie et la préfecture. Ce refus aurait officiellement signifié le début du plan social. In extremis, l'annonce a été retardée. « On l'a court-circuitée jeudi dernier en s'adressant directement à Eric Besson », explique Olivier Gaugain, délégué syndical Force ouvrière. Le ministre de l'Industrie a promis une table ronde « sur la situation et les perspectives du site », sans fixer de date précise.
Ce contretemps ne devrait pas entamer la détermination des patrons d'Honeywell à quitter la France. Pour ce groupe américain de 130 000 salariés, le site de Condé-sur-Noireau est trop grand, trop cher et trop vétuste. Depuis cinq ans, l'usine du Calvados perd de l'argent. Mais le groupe dans sa globalité reste bénéficiaire (1,7 milliard de profits en 2010), et sa situation économique devrait encore s'améliorer cette année. « Nous sommes le site de plaquettes de freins qui perd le moins d'argent du groupe en Europe, s'insurge Olivier Gaugain. Deux usines en Allemagne et en Espagne perdent plus d'argent que nous. » Selon les syndicats et la mairie de Condé-sur-Noireau, la fermeture de l'usine est programmée depuis des années. « Ils ont sciemment maquillé les comptes pour nous mettre dans le rouge », insiste Olivie Gaugain. En parallèle à la fermeture française, Honeywell compte ouvrir une nouvelle usine en Roumanie d'ici à un an et demi.
Gilles wallon
une usine et une ville marquées par l'amiante
Jusqu'à 2 700 salariés ont respiré de l'amiante tous les jours à l'usine de Condé-sur-Noireau, jusqu'à l'interdiction de la fibre cancérigène en 1996. Plus de 600 anciens salariés sont décédés depuis. Les salariés d'Honeywell qui ont commencé à travailler sur le site avant 1996 craignent « la double peine » en cas de plan social. « Qui voudra embaucher un ouvrier de plus de 40 ans qui a touché de l'amiante ? », demande Olivier Gaugain.

vendredi 25 novembre 2011

Rencontre ministérielle du 24 Novembre
Hier avait lieu une réunion préparatoire au ministère du travail pour la mise en
place d’une table ronde au niveau national.
Etaient présents :
- 2 personnes de chaque organisation syndicale
- des représentants des fédérations syndicales
- Jean-Yves Cousin, député et maire de Vire
- Pascal Allizard, maire de Condé
- Yannick Soubien Vice Président de la région
- Guillaume Coquart conseiller technique du Président de région.
- Deux conseillers du ministre de l’industrie
- Deux conseillers du ministre du travail.
Les représentants syndicaux d’Honeywell Condé ont lu la déclaration ci-contre.
Les élus, les uns après les autres, ont complété la présentation de la situation.
Les ministères ont répondu favorablement à notre demande de Table Ronde, dont
les participants seraient Honeywell, les ministres concernés, les Organisations
Syndicales, les élus locaux et éventuellement PSA. L’objectif de cette Table ronde
est le maintien de nos emplois. Le ministre de l’industrie a écrit à
D Cote en ce sens.
Le calendrier est en cours de préparation.
Les salariés, les organisations syndicales et les élus restent tous unis et déterminés dans
l’action

CGT / FO / CFE-CGC
http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-francois-morel-a-quoi-ils-pensent


A quoi ils pensent ? par franceinter


À quoi il pense Julien, à neuf heures moins cinq en écoutant la radio, il viens de prendre son troisième café du matin et il tourne en rond, il n’arrive pas à rester au lit, l’habitude de se lever tôt de partie à l’usine, mais aujourd’hui il est en arrêt maladie parce que le médecin qui est passé hier soir a préféré qu’il reste à la maison, trop mal foutue, fiévreux, pas en forme, le nez qui coule, les yeux qui pleurent : un coup de froid. « Le changement de saison, c’est pas bon » a dit le docteur, c’est en défilant samedi dernier dans les rues de Condé-sur-Noireau qu’il a attrapé la mort comme il dit, ils étaient 3000 quasiment les uns près des autres, mais sans réussir à se réchauffer, ils étaient 3000 pour ainsi dire les uns serrés des autres, mais sans réussir à se consoler.
À quoi il pense Julien à neuf heures moins quatre, en écoutant la radio, le médecin lui a prescrit des antibiotiques, il le connaît bien le docteur, c’est lui qui venait pour son père mort du poumon, mort par l’amiante, il y en a eu des manifestations à l’époque, mais du monde comme samedi dernier il n’avait jamais vu. Oui je sais, 2500 selon la police, 3000 selon les organisateurs, on va pas mégoter, on va pas finasser, cela se calcule la détresse !!!, cela s’additionne le désespoir !!!, cela se chiffre la colère, qu’est-ce que cela peut foutre leurs comptes d’apothicaires…, la moitié d’une ville entière qui est dans la rue, qu’est ce qu’il leur faut de plus ?
À quoi elle pense Christelle ? la femme de Julien, à neuf heures moins trois, en écoutant la radio, elle est au bureau, le transistor fait un bruit de fond, mais elle n’arrive pas à se concentrer, dire que le mois dernier elle espérait encore un CDI, si la situation empire elle sait qu’elle est sur un siège éjectable, c’est la dernière arrivée elle avait un bon poste il y a cinq ans et puis elle s’est arrêtée de travailler à la naissance de Matthieu, Emma est arrivée un an et demi plus tard, et c’est seulement depuis janvier qu’elle a retrouvé du travail, si l’usine ferme la situation sera fragile pour tout le monde.
À quoi il pense Matthieu, à quoi elle pense Emma, à neuf heures moins deux, Matthieu est dans la grande section, Emma dans la petite. Samedi dernier, c’était la fête, ils étaient dans la rue. Matthieu tenait la main de sa mère, Emma était sur les épaules de son père, tout le monde criait, tout le monde chantait, ils y avaient tous les copains de papa, toutes les amies de maman, il y avait du bruit, de la fumée, des pétards : c’était rigolo. Le soir dans leur lit, ils criaient encore tout ce qu’ils avaient entendu dans la journée : « Non à la fermeture », ils s’amusaient bien surtout quand ils ont essayé de prononcer le mot délocalisation, Emma riait beaucoup en sautant sur le lit en hurlant « décacalisation », et puis papa est arrivé en colère, il a dit cela suffit, il a poussé des cris et depuis Matthieu a mal au ventre ce soir-là et depuis tous les soirs il a aussi du mal à s’endormir, il voit bien que plus rien n’est comme avant. Emma, elle, s’ennuie un peu à la maternelle, elle n’a qu’une idée en tête retourner crier samedi prochain dans la rue sur les épaules de papa.
À quoi ils pensent, en ce vendredi matin Julien, Christelle, Matthieu, Emma et tous les autres. À quoi ils pensent tout les dirigeants, les actionnaires anonymes qui décident de fermer une usine, d’aller chercher en Roumanie de la main d’œuvre moins cher.
À quoi ils pensent ceux qui savaient le danger, mais envoyaient quand même des ouvriers dans des usines aimantées.
À quoi ils pensent ceux qui aujourd’hui détruisent des vies pour leur seul profit. Ce soir, comme tous les soirs, quand Matthieu, Emma seront couchés, quand Christelle s’ennuiera toute seule devant la télévision. Julien regardera le ciel de la terrasse en fumant une cigarette il pensera au récent discours culpabilisateur au sujet d‘une quatrième journée de carence en cas d’arrêt maladie. Julien en scrutant la lune et les étoiles se dira que tout le monde ne vit pas sur la même planète.